En septembre dernier, la mairie du 7e arrondissement de Lyon ainsi que plusieurs médias ont diffusé l’information concernant une forte hausse du cas d’Hépatite A au cours de l’été, particulièrement au sein de Lyon 7. Depuis, peu d’informations circulent concernant l’évolution du nombre de cas et de la propagation de la maladie.
113 cas d’Hépatite A recensés dans le Rhône cet été, « dont la majorité se situe dans le 7e arrondissement de Lyon ». Ce sont les chiffres cités par la mairie du 7e dans une publication du 26 septembre dernier.
Dans le courant du mois de septembre, plusieurs médias (Le Monde, Le Figaro, Actu Lyon) ont communiqué sur la hausse du cas d’Hépatite A. Plus tôt, le 19 août, un courrier du ministère de la Santé marqué DGS Urgent a été envoyé aux professionnels de la santé. Il y est question de « 73 cas déclarés dans le Rhône entre le 1er janvier et le 31 juillet 2025, contre 16 cas à la même période en 2024 et en 2023, soit une augmentation de 356 %. » Le courrier spécifie également que la majorité des cas se trouve dans le 7e, et que la maladie touche principalement des personnes de moins de 65 ans.
À Lyon, plusieurs habitants s’interrogent : pourquoi le 7e est-il autant touché, et même, considéré comme « le principal foyer d’épidémie en France » ? D’où vient la maladie ?
Pour rappel, l’hépatite A se transmet par le contact des mains ou les aliments contaminés. Le virus se situe dans les matières fécales. Un accès limité à l’eau potable et une utilisation de drogue par voie intraveineuse augmentent les risques de propagation. La fièvre, la nausée, la perte d’appétit, les douleurs abdominales, la fatigue, et même un ictère dans certaines éventualités, constituent les principaux symptômes de l’Hépatite A. Elle se soigne généralement sans séquelles, et il existe un vaccin. Les cas les plus graves se manifestent surtout chez les adultes, avec un risque de sévérité et de mortalité qui augmente avec l’âge et en cas de comorbidité hépatique.
Mais une autre question subsiste : où en sont les investigations de l’Agence Régionale de Santé (ARS) ? Pour le savoir, le Comité d’Intérêt Local (CIL) de Lyon 7 a préparé un courrier à l’intention de la direction de l’établissement.
Depuis septembre, quelle évolution ? Selon un article du Figaro daté du 16 septembre dernier, l’ARS a mené une enquête pour découvrir la provenance de la maladie, et a fini par « exclure l’hypothèse de la contamination de l’eau ». Au terme du mois d’août, aucune hypothèse n’a été émise sur l’origine de cette hausse, mais l’ARS a tout de même conclu à une importation de cas. La directrice du Pôle régional de veille sanitaire à l’ARS, Mme Anne-Sopphie Ronnaux-Baron, explique que s’il s’agissait d’une contamination de l’eau, il y aurait davantage de personnes malades. La hausse d’Hépatite A serait liée selon elle à une transmission par des personnes « revenues de pays où il y a une forte endémie de la maladie ou qui ont consommé des aliments potentiellement contaminés dans ces pays ». La directrice mentionne également au Figaro « une phase descendante mais surveillée de près ».
Aujourd’hui, trois mois plus tard, qu’en est-il ? Les habitants souhaitent une réponse. Dans le courrier adressé à la direction de l’ARS, le CIL Lyon 7 demande des éclaircissements sur la situation. Pourquoi la communication est-elle discrète ? Y a-t-il eu de nouveaux cas depuis septembre ? La maladie est-elle toujours active ou bien est-elle maîtrisée ? Quels sont les chiffres les plus récents en ce qui concerne le nombre de déclarés ? Est-ce qu’il existe un risque de résurgence ?
Les habitants de Lyon 7 s’interrogent sur l’existence d’un rapport avec la maladie et la prolifération de rongeurs (souris, rats) en période estivale. Il s’agit de savoir s’il existe un lien ou si cela n’a rien à voir. Ils se demandent également si l’insalubrité rencontrée dans certaines rues du 7e est liée à cette hausse estivale de l’Hépatite A.
Autant de questions auxquelles le CIL attend des réponses afin de pouvoir rassurer les habitants du 7e, de les informer sur l’avancée des chiffres et de les sensibiliser aux mesures de prévention.
LC, attachée de presse du CIL LYON 7

