Depuis plusieurs semaines, de nombreux habitants du sud du 7ᵉ arrondissement, notamment autour de Gerland et de Jean Macé, nous font part d’une nette recrudescence du moustique tigre. Piqûres en fin de journée, gêne dans les jardins et sur les balcons, présence accrue près des espaces verts et des points d’eau stagnante : le constat remonte de partout. Face à ce phénomène, le CIL Lyon 7 a décidé d’agir et vient d’adresser un courrier à la Mairie du 7ᵉ arrondissement, à la Ville de Lyon, à la Métropole de Lyon et à l’Agence Régionale de Santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes.
Un enjeu qui dépasse la simple nuisance
Le moustique tigre (Aedes albopictus) n’est pas seulement source d’inconfort : il peut transmettre des virus comme la dengue, le chikungunya ou le Zika. Ces maladies, longtemps associées à des zones tropicales comme l’Afrique, l’océan Indien ou les Antilles, circulent aujourd’hui de plus en plus près de chez nous. En 2025, l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes recensait déjà 1 328 communes de la région colonisées par le moustique tigre, contre 1 192 un an plus tôt, exposant près de 80 % de la population régionale. Le Rhône a lui-même connu un foyer de dengue contractée localement, sans qu’aucun voyage en zone tropicale ne soit en cause. Et à l’échelle nationale, l’année 2025 a enregistré 809 cas autochtones de chikungunya, un niveau inédit depuis 2006, très loin des 84 cas annuels au maximum observés entre 2010 et 2024.
Ce basculement s’explique par le réchauffement climatique, qui allonge la période d’activité du moustique, combiné à la multiplication des épidémies dans les territoires ultramarins et à l’étranger, qui alimentent les cas importés à l’origine de ces foyers locaux.
Une piste concrète : la stérilisation des moustiques mâles
Plusieurs villes françaises expérimentent depuis quelques années la Technique de l’Insecte Stérile (TIS). Le principe : des moustiques mâles, élevés en laboratoire puis stérilisés par irradiation, sont relâchés dans la nature. Ces mâles ne piquent pas et ne transmettent aucune maladie, mais ils s’accouplent normalement avec les femelles sauvages, dont les œufs n’éclosent alors pas. Génération après génération, la population locale diminue mécaniquement, sans recours à des insecticides.
Les premiers résultats sont encourageants. À Brive-la-Gaillarde, la ville a obtenu jusqu’à 50 % de réduction des naissances de moustiques tigres dès la première année d’expérimentation, avec un objectif de 90 % pour la deuxième saison. À Montpellier, 200 000 mâles stériles sont relâchés chaque semaine dans le quartier de Malbosc, sous l’évaluation scientifique de l’Institut de recherche pour le développement. Plus proche de nous, La Verpillière et Mions, en Auvergne-Rhône-Alpes, ont déjà engagé ce type de programme, preuve que la méthode est parfaitement opérationnelle dans notre région.
Notre démarche
C’est cette expérience, déjà éprouvée localement, que le CIL Lyon 7 souhaite voir étudiée pour le sud de notre arrondissement. Dans nos courriers adressés à la Mairie du 7ᵉ arrondissement, à la Ville de Lyon, à la Métropole et à l’ARS Auvergne-Rhône-Alpes, nous demandons une étude de faisabilité technique, un chiffrage budgétaire de l’opération et une coordination entre ces différents acteurs pour le pilotage et le suivi sanitaire d’un éventuel dispositif.
Nous ne manquerons pas de vous tenir informés des réponses obtenues. En attendant, chacun peut déjà agir à son échelle : supprimer les eaux stagnantes dans les coupelles, gouttières, bidons ou jardinières reste le geste le plus efficace pour limiter la reproduction du moustique tigre.
Vous constatez vous aussi une forte présence de moustiques tigres dans votre rue ou votre quartier ? N’hésitez pas à nous en faire part, vos témoignages nourrissent notre argumentaire auprès des pouvoirs publics.

